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  • Karin Florman

5 conseils quand des enfants sont exclus




Une nouvelle étude suédoise démontre une exclusion systématique d'enfants que les enseignants et les éducateurs ne remarquent pas. C'est le magazine suédois "Läraren" (L'Enseignant), qui a publié récemment un article, écrit par Tora Villanueva Gran, sur le travail des professeurs Helene Elvstrand et Lina Lago. Ces deux chercheuses, qui ont réalisé des observations dans trois grands centres de loisirs dans deux municipalités suédoises, trouvent qu'on parle si souvent d'objectifs liés à l’apprentissage et elles ont voulu plutôt observer l’interaction sociale entre les enfants. Leur étude démontre que, souvent, les enfants ne demandent pas de l’aide quand ils se sentent laissés de côté sinon ils essaient de cacher leur exclusion.


Selon Helene Elvstrand et Lina Lago, dans les centres de loisir, des conflits d'intérêt peuvent exister. Les activités sont souvent à base volontaire et les enfants sont censés avoir de l'influence sur ce qu'ils souhaitent faire. La journée reste très changeante et mobile: les groupes changent souvent, les enfants sont cochés sur des listes quand ils rentrent à la maison et ils se déplacent entre les différentes salles, entre les différentes activités et entre l’extérieur et l’intérieur.

Dans ces conditions, les enfants peuvent facilement être piégés. Elles précisent qu'il ne s’agit pas dans l'étude d’occasions individuelles où les enfants n’ont pas été autorisés à participer sinon d’une exclusion systématique et à long terme. Elles précisent aussi que, même si l'étude a été réalise dans des centres de loisir, ses résultats semblent pertinents pour l’école maternelle également. 


Dans les résultats de l’étude, trois types d’exclusion communs ont été observés: la participation conditionnelle, l’invisibilité et le rejet. Concernant la première, la participation conditionnelle, elles ont pu observer, par exemple, une situation où des garçons soulevaient et descendaient un seau d'en haut d'une structure de jeu. Un garçon qui ne faisait pas partie du groupe, appelé Ville dans l’étude, restait seul à côté et les regardait faire. Après un certain temps, il est allé jusqu’au seau qui se trouvait momentanément par terre et il a mis du sable dedans avec une pelle. Il est alors devenu une partie du jeu. Les autres garçons ont accepté ceci, ont soulevé le seau, jetté le sable et l'ont hissé vers le bas pour en demander plus. "Ville est notre valet !" ont-ils crié. "Vas-y, Ville ! Encore du sable !" Helene Elvstrand et Lina Lago ont pu constater que Ville jouait plutôt à côté des autres enfants, et non pas vraiment avec, mais cela tout enseignant ou éducateur ne l'aurait pas vu.


Justement un éducateur du centre de loisir est passé, a regardé rapidement la situation et a demandé aux garçons d’arrêter de jeter du sable puisque quelqu'un pourrait se le prendre sur la tête. Pour les chercheuses, on tire souvent des conclusions hâtives lorsqu'on essaie d’être partout tout le temps en tant qu'enseignant ou éducateur. Si cet éducateur s’était arrêté un moment, et avait pu mieux comprendre la situation, il aurait pu voir que la participation de Ville au jeu était très conditionnelle. Dès qu’il en avait assez de verser du sable, il ne pouvait plus rester dans le groupe, il devait partir de là seul et triste.


Dans le prochain type d’exclusion systématique, l’invisibilité, les chercheurs décrivent certaines situations où les enfants se promenaient seuls dans la cour de l’école sans être approchés par personne, ni par d'autres enfants ni par du personnel, pendant tout le temps dehors. Parfois cela durait plus d’une heure. "C'était vraiment douloureux à voir, nous devons comprendre qu’il y a une stigmatisation lié au fait d'être exclu. Et même si dans beaucoup de centres de loisir, une stratégie est mise en place avec des "copains soleil" (à aller voir quand on n'a personne avec qui jouer), souvent les enfants exclus ne demandent pas de l’aide. A la place, ils essaient de cacher leur exclusion en se déplaçant dans la cour ou en se déplaçant entre des différentes pièces à l’intérieur.


Le fait que le personnel ne voient pas l’invisibilité de certains enfants, et même parfois y contribue, peut dans certains cas s’expliquer par le fait qu’il y a beaucoup d’enfants et peu d’adultes. Mais pas toujours, souligne Hélène Elvstrand. "Ces situations sont également survenues pendant les vacances alors qu’il n’y avait que vingt enfants avec dix adultes présents. Nous devons être plus conscients de ce qui se passe."


Concernant le dernier type d'exclusion systématique, les actes de rejet, les chercheuses font référence à l’exclusion verbale. Elles ont pu observer qu'il est plus facile de dire non à quelqu’un qui demande s'il peut participer qu’exclure quelqu'un qui s’introduit dans le jeu via une action conditionnelle. Dans l’étude, elles prennent l'exemple d’une activité autonome dans l’un des centres de loisir. Les éducateurs l'avaient préparé en écrivant des différentes options autour desquelles les enfants étaient censés eux-mêmes se regrouper. Mais aucun adulte n’était présent lorsque le processus réel a eu lieu. En conséquence, une fille s'est retrouvée exclue, elle n'a pas été autorisée à faire partie d'aucun des groupes et a été laissée seule tout l’après-midi.


"Il est possible d'éviter ces problèmes si on a constamment conscience de ces pièges, et des façons dont on peut les éviter, en planifiant la présence des adultes", conclut Hélène Elvstrand.


Voici 5 conseils pour les enseignants et éducateurs lorsqu'un enfant est exclu:


1) Ne jamais laisser la responsabilité de résoudre la situation à l’enfant vulnérable. Etre exclu est honteux pour la plupart des gens, même pour les enfants. C'est pour cela qu'ils ne demandent que rarement de l’aide. Si on pense à sa propre situation en tant qu'adulte: si nous n’avions pas un collègue à qui parler pendant le café du vendredi, nous ne nous mettrions pas debout au milieu de la salle à crier: "Je suis exclu!" C’est l'enseignant ou l’éducateur qui doit organiser les activités de façon à ce qu'aucun enfant ne soit systématiquement exclu.


2) Un moyen d’y parvenir est d’identifier les situations où il y a un risque que les élèves soient exclus et de s’assurer qu’il y a toujours une présence d’adulte avec eux.


3) Voir la création de relations comme un processus continu dont ont a besoin de prendre conscience en permanence. Faire des sociogrammes peut être un outil pour obtenir de la visibilité sur les regroupements informels.


4) Essayer de soutenir les enfants qui sont systématiquement exclus. Qu’est-ce qu’ils aiment faire? Ces activités peuvent-elles être organisées?


5) Enseigner aux enfants comment être un bon ami ne suffit pas. En tant qu’éducateur, il est nécessaire d'être présent et guider et soutenir les enfants de façon pratique dans chaque situation.


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