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  • Karin Florman

Parler de problèmes ou de solutions? Ou des deux, ensemble...

Mis à jour : 13 juin 2019



Faites-vous partie des gens qui semblent parler surtout de problèmes et qui en voient partout? Qui se disent: “Mais oui, il est évident d’utiliser sa voix pour dénoncer des atteintes aux droits de l’homme et dénoncer des injustices.” Ou faites-vous partie des personnes qui semblent vouloir s’exprimer surtout sur des solutions "positives" et des histoires qui nous inspirent - peut-être comme par peur d’attraper un virus de la “négativité”? Vous vous dites peut-être: “Mais oui, pourquoi voir le mal partout, pourquoi ne pas se concentrer sur des solutions positives, la vie est quand même merveilleuse après tout”. Ou faites-vous partie des gens qui parlent des deux choses, de problèmes et de leurs solutions? (Ainsi que de la beauté de la vie bien sûr....)


Pour résoudre les problèmes de société auxquels nous sommes confrontés, nous avons probablement besoin de nous concentrer sur les deux ensemble: les problèmes et leurs solutions. Pour des raisons simples: c'est plus efficace et il existe déjà des solutions qui peuvent résoudre, ou au moins partiellement résoudre, nos problèmes d’aujourd’hui. Si elles sont appliquées. Cela semblerait évident, et pourtant dans des articles de journaux, sur des plateaux de télévision et dans la vie on parle souvent de problèmes sans parler de solutions connues et de solutions sans parler des problèmes que nous avons en face en détail. Il n'est, en effet, pas rare d’entendre des personnes débattre des problèmes de société d’une façon qui pourrait laisser croire qu’il est question de commencer dès zéro à penser à des solutions. Comme si des solutions démontrées efficaces ailleurs n’existaient même pas. Comme si l’énorme expertise qui réside avec des organisations internationales comme les Nations Unies n’existait pas. Surtout concernant les droits humains et une partie fondamentale de ces droits: les droits de l’enfant.


On parle de violences à l’école sans parler de ce qui est écrit dans la Convention internationale des droits de l’enfant - document qui a été créé au sein des Nations Unies précisément pour prévenir ce genre de problème (et plein d'autres). On parle de violences conjugales sans parler de mesures pour diminuer les violences envers les enfants de la part de leurs parents -  alors qu'il est connu que les violences envers les enfants augmentent le risque que ces enfants deviennent soit des bourreaux soit des victimes de violences eux-mêmes en tant qu'adulte (en plus d'augmenter le risque d’avoir des problèmes de santé, d’avoir des troubles psychologiques, de devenir criminel et de vivre en pauvreté, entre autres). On propose des solutions punitives vis-à-vis d'enfants qui ont des troubles du comportement, sans identifier les vrais problèmes et sans parler des besoins réels de ces enfants. Et sans mentionner que parfois ces enfants ont des troubles du comportement précisément parce qu'ils ont déjà été victimes de violences. On parle de solutions pour mieux apprendre à l’école, sans parler des raison pour lesquelles certains enfants apprennent moins bien à lire et à écrire. Parce que ce n’est pas juste une question d’avoir appris moins de mots pendant les premières années, il existe tant d’autres facteurs qui ont une influence; comme le fait de bouger ou pas (ou très peu), d’avoir accès à la nature ou pas, d'avoir accès à la culture ou pas, d'avoir accès au repos et aux loisirs ou pas, de vivre et aller à l'école dans un milieu et architecture qui favorisent son épanouissement et bien-être ou pas, de pouvoir s'exprimer et participer et sentir que les choses ont un sens ou pas. Et de pouvoir ou pas grandir en se sentant en sécurité, sans violences, entouré par des adultes qui connaissent et respectent ses droits. Ceux-ci ne sont bien évidemment que quelques exemples de discussions dans l’espace public qui manquent régulièrement de prise en compte des vraies questions et enjeux.


Exigeons un niveau de débat plus élevé en ne laissons plus passer le genre de discours qui manquent de perspective de l'enfant, de perspective des droits de l'enfant, de perspective historique et de perspective internationale et qui ne prend, par conséquent, pas en compte l’expertise que l’humanité possède jusqu’à présent. Ne sous-estimons pas l’importance d'organisations internationales qui oeuvrent pour plus de sécurité, stabilité et paix et prenons l'habitude de consulter leur expertise. Leurs conseils n'existent pas par hasard.


Les Nations Unies représente l'une des rares continuités que nous avons puisque, dans nos démocraties, arrivent constamment de nouveaux gouvernements au pouvoir - souvent en prenant plusieurs années avant de comprendre ce qu’il faut faire concrètement pour les problèmes de société et, quand ils le comprennent, cela arrive souvent à peu près au moment où il faut laisser s’installer le prochain gouvernement novice. Comment peut-on laisser des sujets aussi essentiels pour la santé des citoyens et le bon fonctionnement de notre société dépendre de la bonne volonté du gouvernement en place, des parlementaires et des fonctionnaires qui se trouvent en fonction à un moment ou autre? C’est un incroyable gaspillage de temps, d’énergie et d’argent. Pour ne pas parler de vies humaines.


Faisons connaître la Convention internationale des droits de l’enfant partout dans la société pour mettre fin à ce gaspillage de connaissance. L’état doit y participer et il en a la plus grande responsabilité puisqu’il a signé et ratifié cette Convention et que dans l’article 42 il est écrit ceci: “Les Etats parties s'engagent à faire largement connaître les principes et les dispositions de la présente Convention, par des moyens actifs et appropriés, aux adultes comme aux enfants.” Cela veut dire que faire connaître le contenu de la Convention représente une partie essentielle à son application.

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