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  • Karin Florman

Pourquoi tapait-on les enfants sur les fesses? Parce que le sacrum est sacré?

Mis à jour : 29 mars 2019



Le corps, cette navette spatiale incroyablement sophistiquée dans laquelle nous voyageons. Créé par et pour le monde qui nous entoure et si étonnamment bien adapté à lui. Il est à la fois fort et fin et extrêmement sensible, consistant d’os, d’organes, de muscles, de ligaments, d’articulations, de membranes, de systèmes nerveux, de peau et de beaucoup plus. Nous sommes sans cesse en découverte de nouvelles fonctions dans le corps et surpris de voir à quel point il est intelligent et sophistiqué. Qui peut nier que ce corps est un miracle, et un oeuvre d’art, qui devrait être considéré sacré.


Pourtant, dans l’histoire de l’humanité on n’a pas toujours traité le corps comme quelque chose à protéger et à respecter, même quand il s’agissait de ceux qu’on aimait. Comment est-ce, par exemple, possible qu’on a eu l’habitude dans tant de sociétés de vouloir infliger de la douleur au corps, même à celui de son enfant qu’on tient souvent si cher, afin de lui “montrer le bon chemin”? La réponse, qui est évidemment longue et complexe, inclut cette vielle croyance que le comportement turbulent et, parfois, violent de l’enfant était une preuve qu’il était né “mauvais” et qu’il fallait le battre pour faire sortir de lui le diable et le rendre “bon”. On pensait que faire du mal au corps était bon pour l’esprit.


C’était, bien sûr, avant que les neurosciences nous montrent ce qui se passe dans le cerveau de l’enfant et, notamment, nous révèlent le fait que la partie du cerveau qui gère l’expression des émotions est très immature avant l’âge de 5-7 ans et que l’enfant est alors incapable de “bien se comporter” selon les critères des adultes. Ceci a permis de comprendre que c’est surtout parce qu’il a encore un cerveau de petit enfant, et non pas parce qu’il serait “mauvais”, qu’il peut souvent être turbulent, violent et impulsif.

C’était aussi avant que les neurosciences nous démontrent que faire mal au corps n’est pas bon pour l’esprit et que faire mal à l’esprit n’est pas bon pour le corps. Bien au contraire, faire vivre à un petit corps (et/ou à son esprit) des violences et des humiliations peut le faire se replier sur lui-même et vouloir cesser de se nourrir et de fleurir et de briller. Et, très souvent, il n’aura alors pas non plus envie d’être gentil et respectueux envers les autres. A la place il reproduira fréquemment les tapes et les humiliations qu'il a reçu jusqu'à dans l'âge adulte. Parce que les enfants apprennent par l’exemple. Comme, d’ailleurs, les adultes. La gentillesse et la douceur nourrissent de la gentillesse et de la douceur. Même si les enfants ont souvent besoin de plus de temps pour intégrer certaines notions à cause de l’immaturité de leurs cerveaux.

Mais, en réalité, ce n’était pas de cela que je voulais vous parler. Je voulais vous raconter une anecdote qui m’a été transmise par une ancienne professeur de yoga que j’avais il y a des années. Un jour, pendant un cours de yoga, elle nous a dit que la raison, selon certains, pour laquelle on tapait traditionnellement les enfants sur les fesses était que la base de la colonne vertébrale est l'endroit le plus sacré de notre anatomie et qu’il est aussi l'endroit le plus humiliant sur lequel recevoir une tape.


Il n’y a pas, que je sache, d’étude neuroscientifique qui aurait exploré quelle genre de tape provoque la plus grande humiliation dans le cerveau et dans le corps humain - même si un jour il y en aura peut-être. Et les historiens n’ont pas encore, à ma connaissance, établi qu’on aurait commencé à taper les enfants sur les fesses parce que cette partie du corps était considérée particulièrement sacrée. Néanmoins, je trouve que quand on s’imagine dans la situation de recevoir une tape sur telle ou telle partie du corps il est presque comme logique que les fesses serait l’endroit le plus humiliant. Recevoir une gifle, par exemple, est peut-être plus violent mais une fessée me semble plus humiliant en comparaison. Faites l’expérience par vous-même. Dans votre imagination ou doucement sur votre propre corps, bien sûr, non pas sur le corps de quelqu’un d’autre.

La colonne vertébrale de l’être humain est une construction en même temps stable et flexible qui consiste de 7 vertèbres cervicales, 12 vertèbres thoraciques, 5 vertèbres lombaires et 5 vertèbres sacrées. Ces 5 dernières vertèbres sont soudées à l’âge adulte pour former un seul bloc osseux en forme de triangle - le sacrum. Juste en dessous se trouve le coccyx - la terminaison de la colonne vertébrale et le début de la queue dans l'évolution. Historiquement, on a souvent, en effet, considéré que le sacrum était un os sacré - d’où son nom. Les Romains l’appelait “os sacrum” - latin pour "os sacré". Les Grecs l’appelait “hieron ostion”, ce qui veut aussi dire “os sacré” ou “os temple”. Le sacrum était considéré un temple parce que, dans le corps de la femme, il contient les organes sacrés de procréation.


Bien sûr que le sacrum est sacré, comme le corps entier est sacré. En tout cas, choisissons de le respecter et de le protéger plutôt que garder de mauvaises habitudes du passé qui consistent à le maltraiter. Et apprenons à bien en prendre soin car nous gardons le même dès le début de la vie jusqu’à la fin. Si magnifique, il est sans doute l'une des choses les plus précieuses que nous avons. Ne le prenons jamais pour acquis. Le corps.

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